Economie

Togo : Pourquoi l’augmentation du prix de la bière passe presque inaperçue ?

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, la société ‘BB Lomé’ a informé l’opinion que les boissons gazeuses de 30 cl, comme Youki, World Cola ou Youzou, coûtent désormais 250 FCFA au lieu de 200. Une révision des tarifs justifiée par l’augmentation des coûts de production. Pourtant, contrairement aux réactions vives observées lors des hausses du carburant, de l’électricité ou de l’eau, cette annonce est passée quasiment inaperçue.

La différence s’explique par la nature même des produits. L’eau, l’électricité et le carburant sont des biens vitaux. Ils conditionnent la vie des ménages, l’activité économique, les déplacements et même l’accès à des services essentiels. Quand leur prix augmente, les conséquences sont immédiates et généralisées. Les familles voient leur budget exploser, les commerçants augmentent leurs tarifs, les transporteurs réclament davantage, et les organisations de consommateurs se mobilisent pour dénoncer la situation.

La bière et les sodas appartiennent à un registre totalement différent. Ils relèvent du plaisir, du divertissement, et non de la survie quotidienne. Les Togolais savent qu’ils peuvent s’en passer ou réduire leur consommation en cas de hausse. En d’autres termes, ce sont des produits de confort, pas des besoins fondamentaux. C’est pourquoi, même si certains consommateurs râlent discrètement, la majorité choisit de s’adapter plutôt que de s’indigner.

Ce contraste révèle une hiérarchie claire des priorités dans la société togolaise. Défendre l’accès à l’eau, à l’énergie ou au carburant mobilise les foules, car ces ressources structurent le quotidien et influencent directement le pouvoir d’achat. En revanche, accepter la hausse du prix d’une bière ou d’un soda traduit une résignation face à un produit considéré comme secondaire.

Au-delà de l’aspect économique, cette situation met aussi en lumière un rapport culturel particulier. La bière et les boissons sucrées sont perçues comme des extras, souvent associées aux moments de détente, aux fêtes ou aux loisirs. Leur consommation reste importante, mais leur absence ne remet pas en cause l’équilibre de la vie courante.

Ainsi, ce qui se joue derrière ces réactions contrastées, c’est une lecture collective des priorités. Dans un pays où chaque franc compte, les Togolais choisissent de se battre pour ce qui touche directement leur survie et leur dignité, tout en reléguant les produits de plaisir au second plan.

Delali AYITE

Delali AYITE, est Journaliste Reporter à la Rédaction de Togomedia24.com

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