Sante

Togo : présentation des résultats d’une campagne de dépistage du VIH/syphilis/l’hépatite B auprès des populations clés et vulnérables

La lutte contre le VIH, la syphilis et l’hépatite B connaît une nouvelle dynamique au Togo. Ce vendredi 10 octobre 2025, la Plateforme des organisations de la société civile de lutte contre les IST, le VIH/sida, de la promotion de la santé et des droits humains (PF/OSC VIH/Santé-DH) a organisé à Lomé un atelier consacré à la restitution des résultats de la campagne de dépistage communautaire menée entre juillet et septembre dans plusieurs régions du pays.

Soutenue par l’ONUSIDA à travers les fonds luxembourgeois, cette initiative a couvert les régions Maritime, Kara et les périphéries de Lomé. Elle a concerné les populations clés et vulnérables, notamment les adolescents et jeunes, les femmes exerçant dans le secteur de la pêche, les personnes en situation de handicap, les jeunes filles mères, les Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres Hommes (HSH), les transgenres et les usagers de drogues.

Au total, 3 706 personnes ont été sensibilisées, dont 2 369 ont bénéficié d’un dépistage pour le VIH, la syphilis et l’hépatite B. Par ailleurs, 440 jeunes filles et femmes ont accédé à des méthodes de planification familiale, et 52 762 préservatifs masculins et féminins ont été distribués.

« Nous nous sommes retrouvés ce matin pour partager les résultats de la campagne de sensibilisation et de dépistage sur le VIH, la syphilis et l’hépatite B », a déclaré Dr Diallo Yayé Kanny, directrice de l’ONUSIDA Togo-Bénin. Elle a précisé que cette action visait avant tout à atteindre les populations rurales et marginalisées, souvent tenues à l’écart des services de santé.

« Nous avons ciblé les populations qui, à cause de la stigmatisation et de la discrimination, n’ont pas un accès facile à ces services. Les résultats sont satisfaisants, mais ils montrent qu’il reste encore des efforts à faire, notamment pour mieux atteindre les HSH », a-t-elle ajouté.

Dr Diallo Yayé Kanny, directrice de l’ONUSIDA Togo-Bénin

Pour sa part, Anato Simplice, représentant de la Plateforme des OSC VIH/Santé, a salué la portée inclusive de la démarche. Selon lui, cette campagne s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre le VIH/sida 2023-2026 et contribue à la triple élimination du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B, particulièrement chez les enfants et les jeunes.

« Nous devons nous assurer que personne n’est laissé pour compte, surtout les enfants. Le Togo a de bons résultats chez les adultes, mais les progrès doivent s’intensifier chez les plus jeunes », a-t-il indiqué.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la visibilité des initiatives communautaires : « Les acteurs de la société civile réalisent un travail considérable, mais il faut mieux communiquer sur ces résultats. Cela permettra de mobiliser davantage de partenaires et de montrer que les efforts portent leurs fruits. » Le Togo reste déterminé à atteindre les objectifs mondiaux 95-95-95 d’ici à 2025, à savoir : permettre à 95 % des personnes vivant avec le VIH de connaître leur statut, garantir à 95 % des personnes dépistées l’accès au traitement antirétroviral, et faire en sorte que 95 % des personnes sous traitement atteignent une charge virale indétectable.

« Nous devons redoubler d’efforts pour parvenir à ces cibles, car elles sont la clé pour mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030 », a ajouté Anato Simplice.

Cette campagne communautaire de 2025, après celle de 2024, a été menée avec l’implication du Programme National de lutte contre le VIH, les Hépatites Virales et les IST, les directions régionales et préfectorales de la santé. La mise en œuvre proprement dite a été assurée par les ONG membres et réseaux partenaires, parmi lesquelles REAJIR+, ASDEF, AEC, CRIPS/APROFEHTO, ICW, Club des 7 jours, MEN’S et RAPAA.

Au sujet des personnes dont les tests se sont révélés positifs ou négatifs, le chargé de Suivi et Évaluation du secrétariat technique de la Plateforme, Aubin Koutele, rassure que « une référence systématique a été faite pour les personnes dépistées positives aux trois maladies dans les centres de prise en charge de leur préférence. La promotion de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) a aussi été faite avec la référence des personnes négatives de la cible HSH et transgenres ».

Cette synergie entre institutions publiques et acteurs communautaires confirme l’engagement du Togo à renforcer la santé publique et à placer l’humain au cœur de son action sanitaire.

Delali AYITE

Delali AYITE, est Journaliste Reporter à la Rédaction de Togomedia24.com

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