Agriculture au Bénin et au Ghana, deux approches qui interpellent le Togo

Au Bénin comme au Ghana, les autorités multiplient les initiatives pour soutenir le secteur agricole. Les deux pays ont récemment annoncé des mesures importantes en faveur des producteurs, dans un contexte marqué par les difficultés économiques et les effets de plus en plus visibles du changement climatique.
Au Bénin, le gouvernement a mobilisé 561,8 millions de FCFA pour indemniser près de 95 000 producteurs de riz et de coton ayant enregistré des pertes au cours de la campagne 2025-2026. Une partie importante de cette enveloppe revient aux riziculteurs, tandis que les producteurs de coton bénéficient également d’un appui.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre de l’assurance agricole. L’État prend en charge une grande partie des primes afin de permettre à davantage de producteurs d’accéder à cette protection. Le dispositif devrait encore être élargi lors de la prochaine campagne.
Le Ghana a choisi une autre voie. Accra mise davantage sur la transformation du secteur avec la création d’un fonds destiné à soutenir la formation, la recherche, la mécanisation et l’entrepreneuriat agricole. L’objectif est de disposer d’une agriculture plus moderne et mieux préparée aux besoins alimentaires du pays.
Cette politique vise également à donner davantage de possibilités aux jeunes et aux femmes. La transformation des produits agricoles et la réduction de la dépendance aux importations figurent aussi parmi les priorités.
Et le Togo dans tout cela ?
Le Togo n’est pas absent de cette dynamique. Le pays dispose lui aussi d’un mécanisme d’assurance agricole, et plusieurs producteurs ont déjà bénéficié d’indemnisations après des pertes liées aux conditions climatiques.
Le gouvernement travaille également à la modernisation du secteur. La mécanisation, l’irrigation, les zones d’aménagement agricole planifiées et l’amélioration de la productivité occupent une place importante dans les politiques agricoles mises en œuvre ces dernières années.
Mais les expériences du Bénin et du Ghana montrent qu’il reste possible d’aller plus loin.
La question n’est pas seulement de permettre aux producteurs de cultiver. Il faut aussi pouvoir les accompagner lorsque les récoltes sont détruites, leur faciliter l’accès aux équipements et au financement, mais aussi leur permettre de mieux valoriser ce qu’ils produisent.
Pour un petit producteur, une mauvaise campagne peut représenter une perte considérable. Sans accompagnement rapide, il peut avoir du mal à acheter de nouvelles semences, à préparer la campagne suivante ou à rembourser ses dettes.
L’assurance agricole peut donc jouer un rôle important. Mais elle doit être suffisamment connue, accessible et surtout efficace au moment où le producteur en a besoin.
Le Ghana rappelle de son côté l’importance de préparer l’avenir. Former les agriculteurs, développer la mécanisation, améliorer l’irrigation et investir dans la transformation permettent de réduire progressivement les difficultés du secteur.
Pour le Togo, l’enjeu est donc de renforcer les mécanismes existants et de rapprocher davantage les dispositifs des producteurs. Les initiatives déjà engagées constituent une base, mais leur impact dépendra surtout de leur capacité à toucher durablement les exploitations, notamment les plus petites.
Au fond, les expériences des pays voisins posent une question simple au Togo : comment mieux protéger ceux qui nourrissent le pays et leur donner les moyens de vivre réellement de leur travail ?
C’est probablement l’un des grands défis de l’agriculture togolaise pour les prochaines années.




