Burkina Faso : la privatisation des entreprises stratégiques désormais interdite

L’État burkinabé ferme la porte à la privatisation de ses entreprises stratégiques. L’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté à l’unanimité, lundi 19 octobre 2026, le projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.
Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, « il est désormais interdit de procéder à toute privatisation totale ou partielle » d’une structure stratégique appartenant à l’État.
Le texte fixe d’abord les critères qui permettent de qualifier une entité de stratégique. Sont pris en compte son lien avec la souveraineté nationale et la sécurité de l’État, ainsi que son impact sur les équilibres économiques et sociaux. Toute entité détenant un monopole de fait ou de droit est d’office considérée comme stratégique.
La loi renforce aussi les prérogatives de l’État. Il peut désormais entrer dans le capital de toute entreprise stratégique, y compris privée. Pour les entités à participation publique, certaines opérations importantes sont soumises à l’autorisation préalable du Conseil des ministres. Le texte permet par ailleurs de réserver certaines activités stratégiques à des nationaux. Enfin, une clause d’insaisissabilité protège les biens et les comptes de ces entités contre d’éventuelles procédures judiciaires.
Toutefois, la liste des entités concernées n’est pas encore connue. Elle sera fixée ultérieurement par décret.
Cette loi s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État engagée par les autorités. Elle marque un virage par rapport aux réformes d’inspiration libérale des années 1990, qui avaient conduit à autoriser la privatisation de sociétés comme l’ONATEL, la SOFITEX ou Air Burkina.




