Culture : 9 milliards de FCFA pour une salle de 5 000 places à Lomé, Nihtael Nodjigno clarifie son projet
Entrepreneur culturel togolais, Nihtael Nodjigno porte un projet de construction d’une Une salle de concert de 5 000 places à Lomé, pour un investissement estimé à au moins 9 milliards de FCFA. Dans une interview accordée à la rédaction de Togomedia24.tg, il réagit sur la pertinence du projet, son financement et sa rentabilité. Il précise que la capacité et le budget restent des hypothèses de départ, à confirmer par des études de marché et de faisabilité, qu’aucun partenariat n’est encore annoncé et que la localisation n’est pas arrêtée. Il plaide pour une avancée par étapes, « avec patience, transparence et respect des étapes nécessaires ».
Lisez plutôt l’entretien !
- Bonjour Monsieur Nodjigno, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
Bonjour et merci pour cet échange. Je suis Nihtael Nodjigno, entrepreneur culturel togolais. Mes activités portent sur l’accompagnement des artistes, le développement de projets musicaux et la communication. À travers mon travail, je m’intéresse aussi aux infrastructures qui peuvent permettre aux artistes de se produire dans de bonnes conditions et de développer leur activité.
- D’où est partie l’idée de ce projet de salle de concert à Lomé ?
L’idée vient de mon intérêt pour la musique et des besoins que j’observe dans l’organisation des spectacles. Le travail autour d’un artiste ne s’arrête pas à l’enregistrement ou à la sortie d’un morceau : il faut aussi des lieux pour rencontrer le public. J’ai donc commencé à réfléchir à une salle de concert à Lomé qui puisse accueillir des productions togolaises et des spectacles internationaux.
- Pensez-vous réellement que les artistes et le public ont besoin de cette salle de 5 000 places ?
Je pense qu’un équipement de cette capacité peut répondre à certains besoins, mais cette conviction doit être vérifiée par une étude de marché. Il faudra analyser la fréquentation des événements, les attentes des organisateurs et le pouvoir d’achat du public. Les 5 000 places constituent une capacité envisagée à ce stade. Le dimensionnement définitif devra tenir compte de ces résultats.
- Quelle sera la différence entre les salles déjà existantes et la vôtre, notamment en matière de modernité, de situation géographique, de sécurité et d’inclusion ?
Mon intention est de concevoir un lieu pensé pour le spectacle, avec une attention particulière à l’acoustique, à la visibilité, à l’accueil des artistes et aux besoins techniques des organisateurs. L’accessibilité des personnes en situation de handicap, les conditions d’évacuation et la sécurité devront être intégrées dès la conception.
Le choix du site devra également tenir compte des transports, du stationnement et des nuisances pour le voisinage. Il serait toutefois prématuré d’annoncer une localisation précise ou des caractéristiques techniques définitives avant les études.
- Vous annoncez un besoin d’au moins 9 milliards de FCFA. Comment ce montant a-t-il été estimé, et pourquoi devra-t-il être confirmé par des études ?
Les 9 milliards de FCFA correspondent à une première enveloppe de réflexion, et non à un devis définitif. Le projet devra intégrer plusieurs postes : le foncier, les études, la construction, les équipements scéniques, la sécurité, les aménagements et les moyens nécessaires au démarrage de l’exploitation.
Je tiens à préciser que ce montant devra être confirmé, car seules des études techniques et des consultations d’entreprises permettront d’établir un budget fiable. Il pourra donc évoluer selon le site, les choix de conception et le niveau d’équipement retenu.
- Avec les difficultés actuelles de mobilisation des fonds, pensez-vous que ce projet est réaliste ?
Il est ambitieux, et je mesure la difficulté de réunir un financement de cette importance. Pour le rendre réalisable, il faut avancer par étapes : vérifier le besoin, étudier la faisabilité, établir un modèle économique et présenter un dossier solide à des partenaires.
Je suis prêt à inscrire cette démarche dans la durée. Mon objectif est de construire un projet crédible, avec un calendrier adapté aux moyens effectivement mobilisés.
- Pensez-vous qu’avec le public togolais, il est possible de rentabiliser cet investissement ?
Je ne peux pas affirmer aujourd’hui que la rentabilité est acquise. C’est précisément ce que l’étude économique devra déterminer. Il faudra examiner le prix des billets, la fréquence des événements, les charges d’entretien et d’exploitation, ainsi que les recettes possibles.
La réflexion porte aussi sur plusieurs usages compatibles avec la salle : concerts, conférences, événements d’entreprise et autres manifestations culturelles. Leur potentiel devra être évalué sans supposer que la salle sera systématiquement pleine.
- Avez-vous déjà obtenu quelque chose de concret ou des promesses d’accompagnement du privé ou du secteur public ?
À ce stade, je préfère réserver toute annonce de partenariat ou de financement aux engagements formalisés et vérifiables. L’intérêt suscité par un projet et un accord de financement sont deux étapes différentes.
La démarche consiste à structurer le projet et à identifier les partenaires susceptibles de contribuer à son étude, à son financement ou à son exploitation. Les avancées confirmées pourront ensuite être communiquées avec précision.
- Quels sont les principaux défis que vous anticipez, et comment comptez-vous les relever ?
Les principaux défis seront le financement, le choix d’un site adapté, la maîtrise du coût des travaux et la capacité à faire fonctionner durablement la salle après son ouverture.
Pour y répondre, je souhaite m’appuyer sur des professionnels de la construction, du spectacle et de la gestion. Il faudra aussi prévoir les dépenses d’entretien, les besoins en personnel et une programmation réaliste. La qualité de l’exploitation sera aussi déterminante que celle du bâtiment.
- Quelles sont les prochaines étapes de votre initiative ?
Les prochaines étapes envisagées sont de préciser le programme du projet, d’examiner les possibilités d’implantation et de réunir les compétences nécessaires aux études de marché et de faisabilité.
Ces travaux devront permettre de définir une capacité adaptée, un budget documenté, un modèle de gestion et un calendrier. C’est sur cette base que les discussions avec les partenaires financiers pourront devenir plus concrètes.
- Quel message adressez-vous au public, aux investisseurs, aux institutions et aux professionnels de la culture qui nous lisent ?
Je souhaite ouvrir une discussion sérieuse sur les conditions nécessaires au développement du spectacle au Togo. Les artistes ont besoin de lieux adaptés, les organisateurs de conditions de travail fiables et le public d’un accueil de qualité.
Aux investisseurs, aux institutions et aux professionnels intéressés, je propose de contribuer à cette réflexion avec leur expérience et leurs exigences. Mon engagement est de faire avancer cette initiative avec patience, transparence et respect des étapes nécessaires à sa réalisation.
Je vous remercie pour l’intérêt porté à cette initiative et reste disponible pour toute précision complémentaire.
Entretien réalisée par Aubin KOUTELE,
Directeur de Publication Togomedia24




